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De cape et de mots de Flore Vesco

Auteure : Flore Vesco

Éditeur : Éditions Didier jeunese

Genre : Littérature jeunesse / Historique

Nombre de pages : 182 p.

Quatrième de couverture :

Serine, en dépit de la volonté de sa mère, refuse de se marier. Mais pour sortir ses frères de la pauvreté, elle doit agir. Sa décision est prise : elle sera demoiselle de compagnie ! La tâche s’annonce difficile : la reine est capricieuse, antipathique, et renvoie ses demoiselles aussi souvent qu’elle change de perruque. Mais Serine ne manque pas d’audace et, tour à tour, par maladresse ou génie, se fait une place. Elle découvre alors la face cachée de la cour : les manigances, l’hypocrisie et les intrigues… et tente de déjouer un complot.

Mon avis :

Voici un roman jeunesse que j’ai découvert sur le blog de Sophie lit qui en a fait une petite chronique tellement enthousiaste que je n’ai pu faire autrement que de le découvrir à mon tour. Voilà quelques mois que j’ai lu ce livre, mais je me devais de vous en faire une chronique, même brève, tellement j’ai trouvé ce roman jeunesse différent des autres, inventif, original et créatif.

Serine est un personnage fort que le lecteur ne peut oublier. Il s’agit d’une jeune femme, vive, imaginative et qui est prête à tout pour devenir demoiselle de compagnie de la reine et ainsi offrir une vie meilleure à sa famille. Elle est complètement différente des autres demoiselles de compagnie, mais elle arrive à se tailler une place de choix parmi les préférées de la reine grâce à son intelligence sans pareil.

J’ai beaucoup ri de toutes les mésaventures de Serine. Tellement de péripéties surviennent au fil du récit pour lui barrer la route, que je me demandais chaque fois comment elle allait réussir à s’en sortir et les moyens qu’elles trouvent pour y parvenir sont tout simplement géniaux. Pour ceux qui ont suivi la série télévisée 24 heures chrono, j’ai eu le même sentiment qu’avec Jack Bauer, le personnage principal, un agent antiterroriste appelé à sauver le monde et pour qui tout va toujours de mal en pire. Toutefois, le héros s’en sort toujours, tout comme Serine dans ce roman. Quand la situation semble la plus désespérée et que le lecteur pense que c’est fini, une nouvelle péripétie survient. De ce fait, le rythme du récit demeure haletant et jamais il n’y a de temps mort. Le lecteur se doute que l’héroïne va s’en sortir, mais la beauté du récit repose sur les moyens pris pour y parvenir. Serine conçoit des plans intelligents. Elle  survit dans un monde sans pitié, cruel, que constitue la cour du roi, et ce roman représente pour moi une vivre critique du monde de la royauté de laquelle l’auteur se moque avec finesse et doigté.

Je vous invite sans attendre à dévorer ce roman jeunesse écrit avec intelligence.

Quelques citations :

«  Majesté, vous êtes plus ravissantes qu’un… qu’une esperlune.
S’ensuivit un silence magistrale, au cours duquel Serine eut tout loisir de s’étonner de ce mot improbable qu’elle venait d’inventer. La reine resta d’abord interdite. Mais elle craignit, en demeurant silencieuse, qu’on s’imagine qu’elle n’avait pas compris ce mot étrange. Elle prit son air le plus savant, et s’exclama:
– Mais la comparaison est absolument charmante! Redites- moi votre nom?
Tout le monde regarda avec intérêt cette nouvelle demoiselle si cultivée. Cette dernière s’enhardit jusqu’à répondre:
– J’ai déjà abusé de votre patience en vous le donnant à entendre une première fois. Si vous le permettez appelez-moi Serine, Votre Majesté.
La reine hocha la tête avec indulgence.
C’était la première fois que Sa Majesté prenait la peine de répondre au compliment d’une demoiselle. Après un tel événement, nul n’osa se ridiculiser en demandant ce qu’était une esperlune. Au contraire il devint chic de l’employer à tout va. »

« Votre Altesse Sérénissime, répondit Serine en esquissant une gracieuse révérence en plein vol, je viens de m’apercevoir que j’ai oublié ma tête ! J’ai du l’oublier quelque part dans les douves du palais. Vraiment, vous auriez pu m’en parler. »

« La reine porterait sa coiffure la plus époustouflante: on avait accroché dans ses cheveux des petites bulles de gaze dans lesquelles frémissaient des lucioles. De loin elle semblait parée d’étoiles (malheureusement, l’effet était de courte durée: les bestioles étouffaient rapidement et à la fin de la journée, Sa Majesté avait la tête couverte d’insectes morts.) »

campus, castle, clouds

 

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