Archive | 1 juillet 2017

Ma vie pas si parfaite de Sophie Kinsella

Auteure : Sophie Kinsella

Éditeur : Belfond

Genre : Chick lit / Romance / Littérature  contemporaine

Nombre de pages : 466 p.

Quatrième de couverture :

La vie à Londres. Du fond de son Somerset natal, Katie en a tellement rêvé, et aujourd’hui, ça y est ! À elle les soirées branchées, les restos fashion, le job de rêve dans une grande agence de pub… Certes, elle vit en coloc à deux heures du centre. Certes, son budget est si serré qu’elle se nourrit essentiellement de nouilles instantanées. Certes, sa boss est un cauchemar. Mais plutôt mourir que de renoncer à cette vie géniale, surtout si elle peut instagramer son mokaccino hors de prix. Mais ce que Katie ignorait, c’est qu’à la capitale, tout va plus vite. Y compris se faire virer. Retour à la case départ : la campagne. Pas question de se laisser abattre. Londres ne veut pas d’elle ? Katie va faire de la ferme familiale l’endroit le plus hype de tout le Royaume-Uni. Tellement hype qu’il pourrait bien attirer les hipsters de la capitale et, avec eux, de vieilles connaissances…

Mon avis :

Sophie Kinsella est sans contredit la reine de la chick-lit. Je prends toujours plaisir à lire ses œuvres divertissantes à souhait et dans lesquelles je m’attache à l’héroïne  sans difficulté.  Je sais d’avance que je vais passer un bon moment quand je me lance dans un de ses romans et celui-ci ne fait pas exception. Pour moi, ses romans suivent toujours un peu le même schéma, soit une héroïne un peu maladroite, imparfaite, qui est loin de vivre la vie rêvée souhaitée, qui se remet en question et qui tombe amoureuse de son prince charmant. Néanmoins, Sophie Kinsella a le don de rendre sens récits authentiques et intéressants de par les questionnements qui taraudent ses héroïnes dans lesquels toutes les femmes peuvent se retrouver et de par les nombreuses situations loufoques et drôles qui parsèment ses récits et qui ajoutent de la légèreté.

Dans Ma vie pas si parfaite, Katie poursuit son rêve de vivre à Londres, mais assez vite, le lecteur se rend compte que tout n’est pas rose. Katie vit dans un très petit appartement très cher, elle travaille  dans une agence de publicité dirigée par une patronne tyrannique qui n’accorde que peu ou pas d’importance à ses idées et pour qui elle n’est personne. Ce rêve est loin de ressembler à l’idée qu’elle s’en était fait. Pourtant, Katie persévère et ment à sa famille en leur disant que tout se passe bien comme dans son rêve. Elle publie de belles photos de sa vie rêvée sur les réseaux sociaux, alors que tout est factice, rien ne correspond à la réalité.

Je trouve que le décalage en la réalité et le rêve est très bien exploité dans le récit et ça fait réfléchir à notre société. Chaque jour, nous sommes bombardés sur les réseaux sociaux de photos de gens qui se montrent sur leurs meilleurs jours, dans des paysages paradisiaques en voyage ou en train d’avoir beaucoup de plaisir à une fête en compagnie d’un gros groupe d’amis. À l’ère des selfies, on essaie tous de projeter une image de réussite aux autres, l’image d’une personne sans faiblesses. Aussi, je crois qu’on connaît tous une personne dans notre entourage qui semble tout avoir (un travail passionnant, un merveilleux conjoint, de beaux enfants), pour qui la vie semble facile et qu’on envie secrètement.  C’est ce que représente Demeter, la patronne tyrannique, pour Katie. Cependant, il ne faut pas oublier que personne n’a une vie parfaite, que tout le monde a ses petites batailles à affronter, ses peines, ses épreuves. Souvent, on ne voit qu’un côté de la médaille de la vie d’une personne, celle que cette dernière veut bien laisser paraître. Sophie Kinsella nous rappelle qu’il y a un autre côté à cette médaille et que tout le monde a ses faiblesses, même Demeter. que le lecteur découvre sous un tout autre jour dans la deuxième partie du roman. Le roman est divisé en deux parties, la première relatant la vie à Londres de Katie et la seconde, le retour de Katie dans sa campagne natale à la suite de son congédiement.

Dans cette seconde partie, j’ai adoré découvrir cette nouvelle Demeter, quelqu’un d’humain, qui a de la difficulté à asseoir son autorité sur ses propres enfants, alors qu’elle dirige une compagnie d’une main de fer. Katie se venge de sa patronne qui ne la reconnaît même pas alors qu’elle vient effectuer du glamping avec ses enfants à la demeure de Katie. Cela donne lieu a des scènes très drôles. Le regard que Katie porte sur sa patronne va complètement changer, et en même temps son propre regard sur elle-même. Elle devient plus elle-même. À Londres, Katie se faisait appeler Cat pour faire plus Londonien et tentait de cacher son accent que certaines de ses collègues qualifiaient de rustique. Puis, elle redevient Katie et se rend compte de ses qualités, qu’elle vaut autant que Demeter pour qui elle vouait et voue encore une certaine adoration. Bref, ce sont mes deux personnages préférés du roman, deux femmes que tout semble opposer, mais que tout réunit finalement.

En conclusion, il s’agit du roman parfait pour cet été, divertissant, rafraîchissant, qui nous fait comprendre que la valeur que nous nous accordons ne doit en aucun cas se baser sur une comparaison avec ce que les autres projettent, un idéal parfois impossible à atteindre et qui ne constitue pas la réalité. Il ne faut pas chercher à projeter la perfection à tout prix, et la vulnérabilité ne constitue une faiblesse, mais la reconnaître, de la grandeur d’âme.

Quelques citations :

« Aller au boulot à Londres, c’est comme traverser un champ de bataille. On doit constamment surveiller son territoire, batailler pour gagner chaque centimètre, ne jamais relâcher son attention. Parce que, sinon, quelqu’un vous passera devant. Ou dessus ».

« Vivre à Londres, c’est comme vivre dans un décor de cinéma, depuis ses ruelles à la Dickens jusqu’à ses hautes tours scintillantes, en passant par ses places secrètes et ses jardins cachés. À Londres, on peut être qui on veut ».

Tower Bridge of London

Tower Bridge de Londres