Archive | juillet 2017

Un doux pardon de Lori Nelson Spielman

Un doux pardonAuteure : Lori Nelson Spielman

Éditeur : Éditions Pocket

Genre : Chick lit / Romance

Nombre de pages : 442 p.

Quatrième de couverture :

Il suffit parfois d’une simple pierre pour faire basculer le destin.
Une simple pierre ou plutôt deux, arrivées par la poste. Hannah Farr, animatrice télé en plein flottement tant professionnel qu’amoureux, se trouve ainsi face à un choix.
Renvoyer l’une de ces pierres à celle qui la martyrisa enfant, c’est lui accorder son pardon. Mais à qui adresser la seconde, censée perpétuer la chaîne ? S’il est facile de pardonner, demander des excuses peut à jamais changer le cours d’une vie

Mon avis :

Lori Nelson Spielman a réussi avec Un doux pardon, à cerner toute la complexité de ce simple verbe : pardonner. Il est tout aussi difficile de pardonner à autrui et de se pardonner à soi-même, que de demander pardon. Ce roman m’a fait beaucoup réfléchir sur un thème qui paraît peut-être anodin au départ, mais l’auteur en exploite toute la richesse à travers une héroïne imparfaite, attachante, captivante et émouvante.

Hannah Farr est à un tournant dans sa vie autant professionnelle et personnelle. Sur le plan professionnelle, elle vit les aléas du monde de la télévision, alors que les cotes d’écoute de son émission, L’Hannah Farr Show, baissent et qu’elle doit y redonner un second souffle. Hannah a peur d’être remplacée à la barre de son émission par une candidate plus jeune, de la chair fraîche, le monde de la télévision étant tellement précaire. Du côté personnel, Hannah souhaite que son copain la demande en mariage, mais ce dernier tarde à le faire et celle-ci doit garder une image publique parfaite, car son amoureux est le maire  de la ville et aspire à des postes supérieurs, alors que son monde à elle s’écroule et qu’elle doit faire bonne figure. Son copain ne la soutient pas comme il devrait.

Le fait de recevoir une pierre du pardon va complètement bouleverser le monde de l’héroïne, car cela va faire resurgir des fantômes du passé qu’elle aurait préféré ne pas réveiller. En effet, Hannah ne parle plus à sa mère depuis des années, car celle-ci ne l’a pas soutenue lors d’un conflit avec son beau-père. De plus, concernant celle qui lui a envoyé cette pierre, Fiona l’a vraiment beaucoup intimidée à l’école et Hannah n’est pas prête à lui pardonner, même après toutes ces années. Hannah est incapable de renvoyer cette pierre à Fiona. Elle est en colère contre elle, contre tout ce qu’elle lui a fait subir, de même qu’elle en veut à sa mère de ne pas l’avoir soutenue et de ne pas l’avoir retenue quand elle a quitté sa maison.

Ce qui ressort de Un doux pardon est que demander pardon demande du courage, car c’est reconnaître sa responsabilité pour des gestes qu’on a commis et les conséquences qui en ont découlés, même si des fois on ne soupçonne pas toutes ces conséquences. Cela prend du courage pour  demander pardon, car ce n’est pas simplement dire je suis désolé, envoyer des pierres ou juste se donner bonne conscience, mais c’est affronter ses actes et ses propres démons intérieurs. C’est prendre le risque qu’une personne chère ne veule plus nous voir pour le restant de nos jours. Fiona ne soupçonne pas tout le mal qu’elle a fait à Hannah et Hannah ne sait pas du tout les raisons pour lesquelles Fiona s’est acharnée sur elle.

Également, l’acte de pardonner, ce n’est pas de tout oublier et dire que rien ne s’est passé finalement, mais c’est s’alléger de l’emprise que ces actes ont eu sur nous et notre vie, accepter que cela est arrivé et décider d’aller vers l’avenir. Il est difficile de se pardonner à soi-même je crois, car c’est nous seul qui a le pouvoir de l’influence qu’ont les événements sur nous. Nous sommes encore plus dur parfois avec nous même qu’avec les autres. C’est d’ailleurs le cas d’Hannah qui se sent coupable en quelque sorte envers sa mère.

L’évolution d’Hannah est belle à voir. Elle va apprendre en pardonnant et en se pardonnant à aller vers l’avenir et à se décharger du fardeau de son passé. Certains lecteurs pourraient être un peu frustrés de la fin du récit, car un certaine vérité concernant le passé d’Hannah reste irrésolue, mais au fond, ce n’est pas le plus important pour Hannah. Il ne faudrait pas que cette vérité l’empêche de pardonner. Un doux pardon est une merveilleuse histoire de vie, de pardon, de résilience de laquelle ressort une belle part d’humanité.

Quelques citations :

«Quand on est incapable de se pardonner à soi-même, c’est difficile de pardonner à quelqu’un d’autre.»

«Tu ne découvriras pas ton avenir tant que tu ne te seras pas réconciliée avec ton passé.»

«-Tu as toujours le choix, Hannah. Ne l’oublie jamais. Avoir le choix, c’est notre plus grand pouvoir.»

«- J’ai toujours envisagé la vie comme une pièce sombre et caverneuse emplie de bougies. Quand on naît, la moitié des bougies est allumée. A chacune de nos bonnes actions, une nouvelle flamme jaillit et crée une lumière supplémentaire.
– C’est beau, dis-je.
– Mais tout au long de notre chemin, des flammes sont éteintes par notre égoïsme et notre cruauté. Vois-tu, nous allumons des bougies et en soufflons d’autres. Au final, nous pouvons simplement espérer avoir créé plus de lumière que d’obscurité en ce monde.»

Publicités

Confess de Colleen Hoover

Résultats de recherche d'images pour « confess colleen hoover »Auteure : Colleen Hoover

Éditeur : Éditions Hugo & Cie (New Romance)

Genre : Chick lit / Romance

Nombre de pages : 344 p.

Quatrième de couverture :

Auburn Reed a des plans très précis pour son avenir, et elle ne laissera personne se mettre sur son chemin. Lorsqu’elle franchit la porte d’une galerie d’art à Dallas pour un entretien, elle s’attend à tout sauf à l’irrésistible attraction qui la pousse vers Owen Gentry.

Cet artiste énigmatique semble avoir beaucoup de choses à vouloir cacher à tout prix. Pour tenter de découvrir ses secrets les plus intimes, Auburn va baisser toutes ses barrières, pour comprendre qu’elle risque bien plus gros qu’elle ne pensait.

Elle n’a qu’une solution : s’éloigner d’Owen au plus vite. Mais la dernière chose que souhaite Owen, c’est la perdre. Pour sauver leur relation, il devra tout confesser. Mais parfois, les mots peuvent être bien plus destructeur que la vérité…

Mon avis :

Mon coin lecture

Mon coin lecture

J’ai lu ce roman tranquillement par un bel après-midi d’été dans ma balançoire, à l’ombre sur mon balcon, mon endroit préféré pour lire, et je me suis laissée happée par la plume de Colleen Hoover. J’ai eu de la peine à m’arrêter de lire pour souper tellement j’étais accrochée à ma lecture et je voulais savoir le sort réservé aux deux protagonistes principaux.

Il faut dire que le roman commence de manière déchirante alors qu’Auburn, une adolescente de quinze ans, voit son petit ami pour la dernière fois, car il souffre d’un cancer en phase terminale. Elle doit le quitter pour retourner chez elle à Portland, alors que lui doit rester auprès de sa famille à Dallas. Puis, le lecteur retrouve Auburn cinq ans plus tard, alors qu’elle est déménagée à Dallas, consulte un avocat pour une raison inconnue et est en recherche d’emploi. La rencontre d’Auburn et d’Owen bouleversera leur monde respectif.

Cette romance m’a complètement charmée. Elle m’a fait pensée un peu à la série Irrésistible alchimie de Simone Elkeless de par la manière qu’a l’auteure de véhiculer les émotions que vivent les personnages. On sent facilement l’attirance réciproque entre Auburn et Owen, le besoin vital qu’ils ont l’un de l’autre. Les chapitres sont divisés de manière à ce  que les points de vue des chapitres alternent entre Auburn et Owen. L’auteure possède bien la psychologie de ses personnages, car on comprend chacun des choix opérés par les protagonistes principaux, des choix parfois déchirants. Chacun  a ses démons intérieurs, a ses problèmes, ses dilemmes à résoudre. Ils n’ont pas été épargnés par la vie.

Le mystère plane autour du couple. On ne sait pas la raison pour laquelle Auburn est déménagée à Dallas, ni la raison pour laquelle elle consulte un avocat. Du côté d’Owen, on sait qu’il connaît déjà Auburn, alors que cette dernière ne l’a jamais vraiment vue et que ce dernier a commis un acte répréhensible qui pourrait lui coûter la prison. Owen a tout du mauvais gars qui n’en n’est pas vraiment un. Si vous n’aimez pas ce type de personnage, ce roman ne vous plaira peut-être pas, mais pour ma part, j’aime ce type de personnage.  J’ai adoré Owen, cet artiste peintre qui a une relation très chaotique avec son père. Les secrets sont dévoilés à mesure dans le roman et je voulais en découvrir encore plus chaque fois.

La fin du roman est tout simplement sublime. On comprend la manière dont Owen a connu Auburn et c’est tout simplement parfait. Je n’aurais pas pu imaginer mieux. Tout au fil du roman, mon cœur a été déchiré par le sort de ce couple. J’ai espéré pour eux, rager, voulu les protéger. Si vous avez envie d’une romance où l’émotion est palpable, ne passez pas à côté de celle-ci.

Quelques citations :

« Ce soir, tout le monde est venu voir mes œuvres et moi je ne vois qu’elle. »

« Je jette un coup d’œil au dos de la toile, lis les derniers mots qu’Adam lui aura jamais écrits.
Je t’aimerai toujours, même quand je ne pourrai plus.
En retournant la toile, je passe les doigts dessus, effleure l’espace entre les deux mains et je pense à tout ce qui les sépare l’un de l’autre.
J’espère pour elle qu’Adam a raison. J’espère qu’elle aura une deuxième chance.
Parce qu’elle la mérite. »

« – Ça fait du bien, non ? demande-t-il avec un sourire malicieux.
– Jamais plus ne me laverai les cheveux toute seule.
Il m’embrasse sur le front.
– Et tu n’as pas encore goûté mes sandwiches.
J’éclate de rire et capte alors toute la tendresse de son regard ; je saisis que c’est ça que je veux. Le dévouement. Ça devrait être la base de toute relation. Si quelqu’un tient vraiment à vous, il n’en aura que plus de satisfaction à vous rendre heureux, plutôt qu’à chercher son propre plaisir. »

« Il y a des gens qu’on rencontre, dont on fait connaissance, et il y a ceux qu’on rencontre et qu’on connaissait déjà. »

Assorted Colored Paint Brushes

Ma vie pas si parfaite de Sophie Kinsella

Auteure : Sophie Kinsella

Éditeur : Belfond

Genre : Chick lit / Romance / Littérature  contemporaine

Nombre de pages : 466 p.

Quatrième de couverture :

La vie à Londres. Du fond de son Somerset natal, Katie en a tellement rêvé, et aujourd’hui, ça y est ! À elle les soirées branchées, les restos fashion, le job de rêve dans une grande agence de pub… Certes, elle vit en coloc à deux heures du centre. Certes, son budget est si serré qu’elle se nourrit essentiellement de nouilles instantanées. Certes, sa boss est un cauchemar. Mais plutôt mourir que de renoncer à cette vie géniale, surtout si elle peut instagramer son mokaccino hors de prix. Mais ce que Katie ignorait, c’est qu’à la capitale, tout va plus vite. Y compris se faire virer. Retour à la case départ : la campagne. Pas question de se laisser abattre. Londres ne veut pas d’elle ? Katie va faire de la ferme familiale l’endroit le plus hype de tout le Royaume-Uni. Tellement hype qu’il pourrait bien attirer les hipsters de la capitale et, avec eux, de vieilles connaissances…

Mon avis :

Sophie Kinsella est sans contredit la reine de la chick-lit. Je prends toujours plaisir à lire ses œuvres divertissantes à souhait et dans lesquelles je m’attache à l’héroïne  sans difficulté.  Je sais d’avance que je vais passer un bon moment quand je me lance dans un de ses romans et celui-ci ne fait pas exception. Pour moi, ses romans suivent toujours un peu le même schéma, soit une héroïne un peu maladroite, imparfaite, qui est loin de vivre la vie rêvée souhaitée, qui se remet en question et qui tombe amoureuse de son prince charmant. Néanmoins, Sophie Kinsella a le don de rendre sens récits authentiques et intéressants de par les questionnements qui taraudent ses héroïnes dans lesquels toutes les femmes peuvent se retrouver et de par les nombreuses situations loufoques et drôles qui parsèment ses récits et qui ajoutent de la légèreté.

Dans Ma vie pas si parfaite, Katie poursuit son rêve de vivre à Londres, mais assez vite, le lecteur se rend compte que tout n’est pas rose. Katie vit dans un très petit appartement très cher, elle travaille  dans une agence de publicité dirigée par une patronne tyrannique qui n’accorde que peu ou pas d’importance à ses idées et pour qui elle n’est personne. Ce rêve est loin de ressembler à l’idée qu’elle s’en était fait. Pourtant, Katie persévère et ment à sa famille en leur disant que tout se passe bien comme dans son rêve. Elle publie de belles photos de sa vie rêvée sur les réseaux sociaux, alors que tout est factice, rien ne correspond à la réalité.

Je trouve que le décalage en la réalité et le rêve est très bien exploité dans le récit et ça fait réfléchir à notre société. Chaque jour, nous sommes bombardés sur les réseaux sociaux de photos de gens qui se montrent sur leurs meilleurs jours, dans des paysages paradisiaques en voyage ou en train d’avoir beaucoup de plaisir à une fête en compagnie d’un gros groupe d’amis. À l’ère des selfies, on essaie tous de projeter une image de réussite aux autres, l’image d’une personne sans faiblesses. Aussi, je crois qu’on connaît tous une personne dans notre entourage qui semble tout avoir (un travail passionnant, un merveilleux conjoint, de beaux enfants), pour qui la vie semble facile et qu’on envie secrètement.  C’est ce que représente Demeter, la patronne tyrannique, pour Katie. Cependant, il ne faut pas oublier que personne n’a une vie parfaite, que tout le monde a ses petites batailles à affronter, ses peines, ses épreuves. Souvent, on ne voit qu’un côté de la médaille de la vie d’une personne, celle que cette dernière veut bien laisser paraître. Sophie Kinsella nous rappelle qu’il y a un autre côté à cette médaille et que tout le monde a ses faiblesses, même Demeter. que le lecteur découvre sous un tout autre jour dans la deuxième partie du roman. Le roman est divisé en deux parties, la première relatant la vie à Londres de Katie et la seconde, le retour de Katie dans sa campagne natale à la suite de son congédiement.

Dans cette seconde partie, j’ai adoré découvrir cette nouvelle Demeter, quelqu’un d’humain, qui a de la difficulté à asseoir son autorité sur ses propres enfants, alors qu’elle dirige une compagnie d’une main de fer. Katie se venge de sa patronne qui ne la reconnaît même pas alors qu’elle vient effectuer du glamping avec ses enfants à la demeure de Katie. Cela donne lieu a des scènes très drôles. Le regard que Katie porte sur sa patronne va complètement changer, et en même temps son propre regard sur elle-même. Elle devient plus elle-même. À Londres, Katie se faisait appeler Cat pour faire plus Londonien et tentait de cacher son accent que certaines de ses collègues qualifiaient de rustique. Puis, elle redevient Katie et se rend compte de ses qualités, qu’elle vaut autant que Demeter pour qui elle vouait et voue encore une certaine adoration. Bref, ce sont mes deux personnages préférés du roman, deux femmes que tout semble opposer, mais que tout réunit finalement.

En conclusion, il s’agit du roman parfait pour cet été, divertissant, rafraîchissant, qui nous fait comprendre que la valeur que nous nous accordons ne doit en aucun cas se baser sur une comparaison avec ce que les autres projettent, un idéal parfois impossible à atteindre et qui ne constitue pas la réalité. Il ne faut pas chercher à projeter la perfection à tout prix, et la vulnérabilité ne constitue une faiblesse, mais la reconnaître, de la grandeur d’âme.

Quelques citations :

« Aller au boulot à Londres, c’est comme traverser un champ de bataille. On doit constamment surveiller son territoire, batailler pour gagner chaque centimètre, ne jamais relâcher son attention. Parce que, sinon, quelqu’un vous passera devant. Ou dessus ».

« Vivre à Londres, c’est comme vivre dans un décor de cinéma, depuis ses ruelles à la Dickens jusqu’à ses hautes tours scintillantes, en passant par ses places secrètes et ses jardins cachés. À Londres, on peut être qui on veut ».

Tower Bridge of London

Tower Bridge de Londres