Archive | octobre 2016

Les stagiaires de Samantha Bailly

CVT_Les-stagiaires_1403Auteure : Samantha Bailly

Éditeur : Éditions Milady (Romance)

Genre : Littérature contemporaine

Nombre de pages : 450 p.

Quatrième de couverture :

Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d’horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative. Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives.

Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro…

Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?

Mon avis :

Jusqu’à présent, j’avais lu une duologie plus jeunesse de Samantha Bailly, soit Nos âmes jumelles et Nos âmes rebelles  que j’avais beaucoup aimée, et j’avais hâte de me plonger dans ce roman plus adulte. D’ailleurs j’ai eu la chance de partager cette lecture avec Érine du blog Inspirer et partager. Nous nous donnions quelques chapitres à lire et par la suite, nous échangions nos impressions par courriel. J’ai beaucoup aimé cette façon de faire, car ça nous a permis de voir l’évolution de nos impressions par rapport aux personnages et au récit ainsi que de nos attentes au fil de l’histoire. Merci beaucoup d’ailleurs à Érine pour ce beau partage.

D’emblée, je dois dire que je me suis attachée à Ophélie, une jeune femme qui veux faire sa place dans le monde, qui aspire à une vie meilleure que celle de ses parents qui travaillent dans un restaurant, qui n’ont pas beaucoup d’argent et qui ne l’appuient pas réellement dans la poursuite de ses ambitions professionnelles. Il s’agit d’une femme forte, réfléchie et intelligente. Elle a travaillé dure pour se rendre où elle est et pour elle, le stage chez Pyxis représente une opportunité sensationnelle qu’elle veut saisir. Je me suis retrouvée dans ce personnage, car je suis où tout début de ma carrière professionnelle. Je suis présentement sous contrat et j’espère pouvoir rester où je suis, car j’adore mon travail, même si l’avenir est incertain.

D’ailleurs, cela m’a rappelée mon propre stage où il y avait des temps morts et d’autres fois, tout arrivait en même temps et le travail abondait. Samantha Bailly a bien cerné, et ce, de manière réaliste tout ce que comporte un stage : l’espoir de se voir offrir du travail à la fin du stage, la surcharge de travail, les rumeurs de couloir, l’angoisse de l’évaluation, ne pas savoir si on est à la hauteur, etc. Cela a pour moi été un aspect fort du récit en plus de toute la camaraderie qui règne entre les stagiaires qui se retrouvent aux repas, aux pauses et après le travail pour sortir ensemble et discutent durant le travail via le système de messagerie de Pyxis.

Un personnage qui m’a laissée très ambivalente, et qui représente tout le contraire d’Ophélie dans le roman est Arthur. À l’instar d’Ophélie, Arthur vient d’une famille aisée. Il n’a jamais eu a travailler fort pour obtenir ce qu’il désire. Il a tout cuit dans le bec, mais il se cherche, il n’est pas heureux et de ce fait, il agit en vrai idiot parfois. Par exemple, il sort avec une superbe fille du nom de Juliette, mais il la trompe avec sa meilleure amie. Ce côté perdu d’Arthur m’a beaucoup touché, car je sais comment il n’est pas facile de trouve sa propre voix dans la vie. Sa mère veut qu’il travaille dans la finance, dans un cabinet de conseil, qu’il ait un métier payant, sûr, mais Arthur ne veut pas de cette vie toute faite et ennuyante, de cette voix tracée d’avance pour lui. Néanmoins, Arthur m’a beaucoup déçu, car il agit parfois en vrai gentleman, en aidant Ophélie à trouver un appartement à Paris et la minutes d’après, il revient à ses vieilles habitudes et agit en vrai crétin. Par exemple, il boit trop et ses amis ont à le ramasser à la petite cuillère.

Par ailleurs, voilà une citation qui représente merveilleusement bien pour moi l’essence du récit ainsi que la différence entre Ophélie et Arthur : « A notre âge, tu sais, un rien peut nous faire changer de trajectoire. C’est maintenant qu’on choisit notre cap, le cap qui déterminera à quel point on deviendra qui l’on souhaite être, ou qui les autres souhaitent que nous soyons. » La principale leçon de vie que je retire de ce roman est que nous sommes les seuls maître de notre destin. Combien de personnes sont malheureuses à leur travail, ont choisi la voix facile, la sécurité au lieu d’une vie à leur image? Pour moi, les choix que nous faisons dans la vie dictent le genre de vie que nous mèneront. Arthur en est le parfait exemple. De plus, au fil du récit, une petite amourette se dessine entre Ophélie et Arthur. Pour moi, si j’ai un reproche à faire à l’auteure, c’est que cette histoire prend trop de place dans le récit et qu’elle n’apporte pas beaucoup à l’intrigue au final. J’aurais aimé que d’autres aspects du récit soit davantage exploités comme en savoir plus sur les autres stagiaires ou sur leur superviseurs.

En conclusion, je dois avouer que je suis ressortie de ma lecture un peu mitigée. D’un côté, je trouve que l’auteur a dépeint de manière réaliste le monde du travail et a mis en scènes des personnages différents les uns les autres, ce qui rend le récit intéressant. D’un autre côté, j’aurais aimé que les personnages évoluent de manière plus sensible dans le récit et que ce dernier soit moins centré sur Ophélie et Arthur. Il manque quelque chose pour que je ressorte totalement satisfaite de ma lecture. À la fin du récit, moi et ma copinaute Érine, nous avons toutes les deux pensé : « Tout ça pour ça ». Néanmois, je vous invite chers lecteurs et chères lectrices, à vous faire votre propre opinion et à découvrir ce roman.

Pour lire l’avis de ma copinaute Érine, suivez ce lien : https://inspireretpartager.wordpress.com/2016/09/23/les-stagiaires-de-samantha-bailly/

Quelques citations :

« Je sors avec soulagement du wagon asphyxiant. Les nombreux Parisiens partis s’aérer en province rejoignent Paris. Ils ont pourtant la mine grise, les soucis semblent planer au-dessus de leurs têtes, sans doute sont-ils découragés par la perspective du lundi. Dans le métro, j’observe toute cette foule agglutinée autour des barres de métal. Pas un sourire ne semble susceptible de fleurir sur les lèvres. »

« -Bon je vais te donner une petite définition. Stage: période de formation, d’apprentissage ou de perfectionnement en entreprise.
Je le dévisage, interdite face à son rappel. Ca m’étonnerait que Caroline accepte ça comme justification à l’absence d’article dans la boîte mail, demain.
-Tu fais le boulot d’une employée, là, déclare-t-il. (…) Vous êtes payés 400 euros, merde!
-Je sais bien, je sais bien…
-Un conseil: ne commence pas à entrer dans ce cercle infernal. (…)
Tu seras exploitée, jusqu’à l’épuisement, continue-t-il, un citron qu’on presse, qu’on presse, qu’on presse, et quand il n’y a plus de pulpe: poubelle.
-Charmant, murmuré-je.
-Voilà dans quelle société on évolue Il faut se battre, Ophélie! Ne pas accepter qu’on te traite de la sorte! Tu es en stage, pas en poste! Si Pyxis permet que quelqu’un fasse autant d’heures sup, alors ça veut dire qu’il y a un besoin. La boîte n’a qu’à ouvrir des postes avec l’argent des jeux online, si ça marche si bien. »

« Les personnes sont des vagues ; oui, c’est ça. Il y a celles qu’on voit frémir à l’horizon, celles qui nous touchent puis se rétractent, celles qui nous font couler… et celles qui nous portent. »

Aux délices des anges de Cathy Cassidy

aux délices des anges

Auteure : Cathy Cassidy

Éditeur : Éditions Nathan

Genre : Littérature jeunesse

Nombre de pages : 220 p.

Quatrième de couverture :

Je m’appelle : Anya
Mon âge : 13 ans
Je suis : tout juste arrivée de Pologne
Mon style : vieil uniforme acheté d’occasion
Je rêve : de commencer une vie géniale en Angleterre
Mon problème : rien ne se passe comme prévu, ni la vie en Angleterre, ni ma relation avec Dan, ce garçon rebelle pour qui je craque malgré moi…

Mon avis :

Chaque année, dans le temps des fêtes, je prends plaisir à regarder de bons films de Noël dans lesquels la magie règne sur un fond de joie et de miracles sous de jolis flocons blancs. J’aime l’ambiance de ces films qui me font retourner en enfance à une époque où dans mon cœur de petite fille, le père-Noel existe.

J’ai retrouvé cette atmosphère féerique des contes de Noël dans Aux délices des anges de Cathy Cassidy. Cette auteure a le don de transformer une histoire simple en une fable extraordinaire qui font croire aux miracles et en la beauté du monde qui nous entoure, et je dois dire que ça fait du bien à l’heure où le terrorisme fait beaucoup de dégâts.

Je décrirais la plume de Cathy Cassidy comme  simple, légère comme les flocons parant lentement les arbres d’un blanc immaculé, juste et bien dosée. Je trouve qu’elle n’en met jamais trop. Elle emploi les mots justes et met ce qu’il faut d’émotion à son récit pour que le lecteur y croit.

Jusqu’à présent, j’ai lu cinq tomes de la saga Les filles aux chocolats et chaque fois, à mon avis, la plume de Cathy Cassidy réussit à me transporter hors du temps pour quelques heures et je referme le livre avec l’impression de me réveiller après un beau rêve. Aux délices des anges ne fait pas exception.  Je sais que certains lecteurs peuvent être rebutés par le côté jeunesse des romans de Cathy Cassidy, mais je crois qu’il faut les lire avec notre cœur d’enfant et laisser notre part, parfois trop analytique et rationnel, de côté.

Mon personnage favori de ce roman est sans conteste Dan, un ami d’école d’Anya, la protagoniste principale du récit. Il a une personnalité complexe, rien n’est tout blanc ou tout noir avec lui. Il s’agit d’un démon aux ailes d’ange comme il est si bien décrit dans le récit. Il est capable de faire preuve de la plus grande gentillesse comme de méchanceté et d’hypocrisie. Il vit une situation familiale difficile. Il accepte mal le départ de son père ainsi que la séparation de ses parents, ce qui lui fait commettre des actes irréfléchis, et ce, parfois aux dépens d’Anya, dont il tombe amoureux et qui est sensible au charme du jeune homme. J’adore ce type de personnage.

Ce que je retiens surtout de ce roman est la manière dont l’esprit d’entraide peut déplacer parfois des montagnes. Alors que Dan fugue et que sa mère Karen s’inquiète et ne peut faire tourner le salon de thé familiale, la famille d’Anya lui vient et aide et chaque membre met la main a la pâte pour l’aider dans cette épreuve bouleversante. C’est la période des fêtes et le salon de thé est très achalandé. La famille d’Anya met tout en œuvre pour que le salon de thé continue à tourner. J’ai toujours cru que le bien engendre le bien. Peut-être suis-je un peu naïve, mais ce récit l’illustre à merveille. Quand on en a le pouvoir, pourquoi ne pas rendre les gens heureux?

Finalement, à travers les thèmes de l’immigration, de l’intégration, de l’amitié et de l’entraide, Cathy Cassidy rappelle aux lecteurs des valeurs essentielles et illustre ce qu’est véritablement l’esprit de communauté et la manière dont de petits gestes peuvent compter beaucoup pour d’autres. Petits et grands trouveront certainement leur compte dans cette belle fable.

Quelques citations :

« Et puis la chance, ça se partage. Plus on la propage, plus on en reçoit en retour ».

« Partir n’était pas la solution. On ne peut pas fuir la réalité, n’est-ce pas ? Le mieux, c’est de l’affronter aussi bravement que possible ».

« Ce soir-là, je commence à croire aux miracles.
Rien n’a changé, et pourtant tout est différent… grâce à un garçon aux ailes d’ange ».